correction


correction

correction [ kɔrɛksjɔ̃ ] n. f.
XIIIe; lat. correctio
IAction de corriger.
1Vx Action de corriger, de changer en mieux, de ramener à la règle. amélioration, amendement, perfectionnement, réforme. La correction des fautes, des abus. La correction des mœurs, des habitudes.
♢ MAISON DE CORRECTION : ancien établissement chargé du redressement des mineurs délinquants (remplacé par les centres d'éducation surveillée).
2Changement que l'on fait à un ouvrage pour l'améliorer. modification, rectification, reprise, retouche. Corrections de forme, de fond. Pièce de théâtre reçue à correction, à condition que l'auteur y fasse certains changements. Manuscrit chargé de corrections. biffure, rature, surcharge. Étude des variantes et des corrections. manuscriptologie.
Typogr. Indication des fautes de composition, des changements à effectuer sur une épreuve d'imprimerie. Signes de correction. Corrections d'auteur. Exécution matérielle des changements indiqués sur épreuve. Service de correction. La rédaction et la correction d'un journal.
Action de corriger des devoirs, les épreuves d'un examen, d'un concours. La correction des copies. Correction et notation.
3Opération qui rend exact. Correction d'une observation. Mar. Correction des compas. régulation. Correction de dérive. Techn. Came, roue de correction, de compensation.
4(du sens 1) Châtiment corporel; coups donnés à qqn. punition; fam. raclée, volée. Si tu n'es pas sage, tu vas recevoir une bonne correction !
II(1680)
1Qualité de ce qui ne s'écarte pas des règles, de ce qui est correct. Correction d'une traduction ( conformité, exactitude, fidélité, justesse) ; du langage, du style ( pureté) .
2Comportement correct (2o, 3 o). Être d'une parfaite correction. bienséance, décence, politesse. Correction en affaires. honnêteté, scrupule. J'ai refusé par correction. « La correction est une forme de la droiture » (Suarès).
⊗ CONTR. Aggravation; récompense. Impolitesse, inconvenance, incorrection.

correction nom féminin (latin correctio, -onis) Qualité de ce qui est correct, conforme aux règles : La correction du langage. Qualité de quelqu'un, de son comportement qui est correct, respecte les bienséances, la morale : Agir avec correction. Action de rectifier une faute : Correction d'une erreur. Action de noter des copies d'examen ou de concours. Modification apportée à un texte, qui corrige une erreur : Approuver une correction dans un acte. Action de lire, de contrôler quelque chose pour en corriger les erreurs ; travail du correcteur d'imprimerie : Correction d'un texte sur épreuves. Action de corriger un déficit, un défaut, une défaillance ; modification, rectification ainsi apportée : La correction des troubles de la vue. Réprimande, punition destinée à corriger quelqu'un ; en particulier, châtiment corporel, coups : Infliger une sévère correction à quelqu'un.correction (expressions) nom féminin (latin correctio, -onis) Maison de correction, établissement pénitentiaire où étaient détenus les mineurs délinquants ; prison qui était destinée à recevoir les condamnés à une peine correctionnelle inférieure à un an. ● correction (synonymes) nom féminin (latin correctio, -onis) Qualité de ce qui est correct, conforme aux règles
Synonymes :
- fidélité
- pureté
Qualité de quelqu'un, de son comportement qui est correct, respecte...
Synonymes :
- bienséance
- civilité
- décence
Action de rectifier une faute
Synonymes :
Modification apportée à un texte, qui corrige une erreur
Synonymes :
- révision
Action de lire, de contrôler quelque chose pour en corriger les...
Synonymes :
- révision
Réprimande, punition destinée à corriger quelqu'un ; en particulier, châtiment corporel...
Synonymes :
- coups
- raclée (familier)
- rossée (familier)

correction
n. f.
d1./d Action de corriger, de réformer; résultat de cette action. La correction des abus.
d2./d Châtiment corporel. Recevoir une correction.
|| Coups reçus par qqn.
d3./d Changement que l'on fait à un ouvrage. Apporter des corrections à un chapitre.
|| Spécial. Action de corriger un devoir d'écolier, d'étudiant. Terminer la correction d'une copie.
d4./d Qualité de ce qui est correct, conforme aux règles et aux convenances. Correction du style, de la langue. La plus élémentaire correction: le minimum de politesse, de savoir-vivre.

⇒CORRECTION, subst. fém.
I.— [Correspond à corriger]
A.— Action de rectifier, d'amender, de ramener à la règle. [La France] a d'autres moyens de répression et de correction que de procéder à un démembrement de l'empire marocain (JAURÈS, Paix menacée, 1914, p. 323).
En partic. [Avec un compl. adnominal spécificateur désignant] [ce qui, en raison de défauts, d'erreurs, demande à être corrigé] La correction du relief, des routes; la correction des accents, d'un article; la correction de la thèse par l'antithèse; la correction des mœurs. [La faute, l'erreur elle-même] La correction des délits, des faiblesses, des irrégularités, des péchés. [L'être hum. dont les fautes demandent à être corrigées] La correction des coupables, des délinquants, des pécheurs.
P. méton. Écart moral appelant une correction. Je n'ai aimé qu'une femme (...) sauf quelques corrections négligeables et flottements d'occasion (ARNOUX, Visite Mathus., 1961, p. 129).
B.— En partic. Examen d'un devoir, d'une épreuve, relevé des erreurs qu'ils comportent, en vue d'estimer leur valeur et de les noter. La correction des copies. Le service d'apprentissage départemental assure la diffusion des corrigés et des leçons ainsi que la correction des devoirs (J. ROBERT, Artis. et secteur métiers Fr. contemp., 1966, p. 174).
C.— Rectification d'une erreur matérielle; modification, précision apportée à une chose (notamment à un ouvrage de l'esprit) en vue de l'améliorer. Synon. refonte, retouche :
1. Je sais bien que M. de Barante l'a retouché [ce livre], rédigé (...). Oui, il a beaucoup corrigé, mais toutes ses corrections ne sont pas heureuses...
A. FRANCE, La Vie littér., t. 4, 1892, p. 36.
Rem. Dans la loc. adv. sauf/sous correction, correction pris isolément signifie « rectification, en cas d'erreur, de ce qu'on affirme ». Cf. aussi E infra.
Plus rarement. Version améliorée d'une donnée naturelle. Le monde romanesque n'est que la correction de ce monde-ci, suivant le désir profond de l'homme (CAMUS, Homme rév., 1951, p. 325).
Emplois spéc., dans divers domaines techn.
1. [Désigne l'opération effectuée en vue de la modification et de l'amélioration d'une chose]
a) CÉRAM. On peut (...) laver (...) ou brosser la surface des moules, (...) [mais] ces corrections les altèrent (BRONGNIART, Traité arts céram., 1844, p. 140).
b) INDUSTR. ALIM. La correction des eaux calcaires ne doit porter (...) que sur la partie utilisée pour l'empâtage [dans la fabrication de la bière] (BOULLANGER, Malt., brass., 1934, p. 23).
c) PÉDOL. Dispositions prises en vue de corriger les effets des agents érosifs (correction des glaciers, des torrents), ou en vue de l'amendement du sol (d'apr. PLAIS.-CAILL. 1958).
d) PHARM. ,,Opération par laquelle on affaiblit l'énergie d'un médicament en la mêlant à d'autres substances`` (Ac. 1835-1932).
e) RHÉT. Figure par laquelle un orateur corrige ses premières expressions ressenties comme trop faibles. Ex. ,,Je l'aime; que dis-je, aimer? je l'idolâtre`` (Ac. 1835, 1878).
f) THÉÂTRE. Accueillir, recevoir une pièce à correction(s). La recevoir sous réserve de modifications apportées par l'auteur (pour lequel ce type d'accueil équivaut à un demi-refus). A-t-il [Claretie] vraiment reçu Le Foyer à corrections, et pas seulement à corrections de détails, mais à corrections de fond? (LÉAUTAUD, Journal littér., t. 2, 1907-09, p. 147).
g) TYPOGR. Signalisation par le correcteur des erreurs commises sur les épreuves au cours de la composition; rectification opérée conformément aux signes conventionnels portés sur les épreuves par le correcteur (d'apr. COMTE-PERN. 1963). Envoyer les épreuves à la correction.
2. [Désigne l'agent, l'instrument lui-même de la correction]
Spéc., TÉLÉCOMM. Mécanisme de l'appareil télégraphique Hughes rectifiant la position de la roue des types réceptrice (d'apr. Lar. encyclop.).
SYNT. Correction + verbe. (Ap)porter, exécuter, introduire une/des correction(s); procéder à une/des correction(s). Correction + adj. Les dernières corrections; d'heureuses, de petites, de sérieuses, de sévères corrections; être sujet à correction(s); correction auditive, calorimétrique. Correction + compl. adnominal ou non. Correction de diamètre (p. ex. dans la fabrication des disques phonographiques), de température; correction d'un objectif; appareillage, instrument, mesure, moyen de correction; coefficient de correction.
D.— Rectification apportée à un calcul, à une mesure, à une observation pour obtenir un résultat exact :
2. ... [en] faisant les corrections relatives au thermomètre, nos voyageurs auraient monté à environ quinze cents toises, hauteur prodigieuse, relativement aux difficultés qu'ils eurent à vaincre.
Voyage de La Pérouse, t. 3, 1797, p. 133.
E.— Rare. Ce qui ramène à la mesure, correctif :
3. À côté de Montesquieu, j'ai voulu lire du Machiavel : c'en est la vraie réfutation, ou du moins la vraie correction.
Sainte-Beuve ds Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.
Rem. La loc. sauf/sous correction (cf. C supra) prise dans sa totalité sert à adoucir ce qui peut déplaire à un interlocuteur ou à un auditoire envers lesquels on veut se montrer déférent.
F.— Peine, châtiment infligé(e) en compensation d'une faute et en vue d'amender le coupable.
1. Vx et rare. Autorité ou pouvoir de reprendre et d'infliger une peine. Les enfants sont sous la correction du père (Ac. 1835, 1878).
2. Dans le domaine du dr. Châtiment infligé conformément aux dispositions de la loi.
Correction paternelle. Peine infligée par un magistrat à un enfant mineur, à la requête de son père, en vue de sanctionner sa mauvaise conduite. Droit attaché à la puissance paternelle :
4. Le père, la mère ou la personne investie du droit de garde d'un mineur peut, quand celui-ci donne des sujets de mécontentement très graves, adresser une requête au président du tribunal pour enfants du lieu de domicile du mineur pour demander qu'il soit pris à l'égard de ce dernier une mesure de correction paternelle.
RAUZY, PICQUENARD, La législation de l'aide sociale, Nancy, Berger-Levrault, 1955, p. 468.
Maison de correction
a) Lieu où étaient autrefois détenus des mineurs délinquants (aujourd'hui centre d'éducation surveillée).
b) Établissement où sont détenus les condamnés à un emprisonnement correctionnel. Être enfermé en maison de correction, par voie de correction.
3. Dans le domaine relig. Peine, mortification infligée en vertu de la discipline.
Correction fraternelle. Dénonciation d'une faute; peine ou réprimande infligée à un pécheur en vue de sanctionner ses fautes, et à titre d'exemple. Le droit de correction fraternelle, exercé avec humilité et charité, est reconnu au supérieur d'une communauté monastique ainsi qu'à tout fidèle (MARCEL 1938).
4. Dans le domaine de la vie privée. Châtiment infligé en vertu d'une décision personnelle.
a) Peine exemplaire subie en compensation d'une erreur, d'une faute et qui sert de leçon :
5. Je rentrai en France n'ayant pas de quoi payer ma route, tandis que les trésors pleuvaient sur les disgraciés : je méritais cette correction.
CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 2, 1848, p. 620.
b) Réprimande :
6. — Vous avez eu tort (...) lui dit-il [l'abbé Faujas] rudement (...).
Elle [Mme Mouret] le regarda, surprise de cette sortie brutale (...). Lorsqu'il la vit révoltée sous cette correction trop sévère, il se radoucit...
ZOLA, La Conquête de Plassans, 1874, p. 985.
c) Châtiment corporel, plus ou moins vigoureux, infligé à la main ou par d'autres moyens, à un animal, à un enfant ou à un adulte en compensation d'une faute. Appliquer, donner, flanquer, infliger une correction; s'attirer, mériter, recevoir, subir une correction; une correction légère, magistrale, manuelle, salutaire, sévère, solide, vigoureuse. Procéder à une correction (cf. G. LEROUX, Roul. tsar, 1912, p. 78) :
7. Injustement battu, il [le chat] ne prend que le temps de gonfler ses poumons et de reculer d'un pas, avant d'administrer à la Noire une correction telle qu'elle en suffoque, râle de rage et saute le mur pour cacher sa honte dans le jardin voisin.
COLETTE, La Maison de Claudine, 1922, p. 248.
II.— [Correspond à correct] Conformité à un modèle, à un ensemble de principes ou de règles; application de ces principes ou de ces règles.
A.— B.-A., ESTHÉTIQUE. Qualité fondamentale obtenue par l'application des règles de la grammaire d'un art; l'application même de ces règles :
8. [La sculpture] Dans la manière des modernes ces ornements sont creusés uniformément, de façon à ce que vus de près, ils soient d'une correction irréprochable : à la distance nécessaire, ce n'est plus que froideur et même absence complète d'effet.
DELACROIX, Journal, 1857, p. 21.
Péj. L'enseignement académique avait créé un type paisible, d'une correction un peu lourde (HOURTICQ, Hist. Art, Fr., 1914, p. 247).
B.— [Dans l'exercice du lang.] Qualité résultant de l'application des règles de la grammaire et du style (principalement la propriété des termes). Laissons de côté, je ne dis même pas les simples inadvertances, mais la correction grammaticale [de Flaubert]; c'est une qualité utile mais négative (PROUST, Chroniques, 1922, p. 195) :
9. Je suis littérateur, je goûte la correction, la subtilité, toute la cuisine du style (...). Même, ces corrections, ces subtilités, je les prise, je les renifle...
VERLAINE, Œuvres complètes, t. 4, Mes prisons, 1893, p. 401.
Ironiquement, par antiphrase. — Et moi qui me sens si seule (...). — Seule mon cul, dit la fillette avec la correction en langage qui lui était habituelle (QUENEAU, Zazie, 1959, p. 168).
C.— [Dans la pratique d'une sc., l'exercice d'un métier, d'une fonction] Conformité d'une opération aux principes ou aux règles. La correction d'un calcul, d'un raisonnement, d'un syllogisme; la correction mathématique; la correction d'un travail professionnel. Synon. exactitude :
10. Pierre alors dit sa messe (...) il prononça jusqu'au bout les paroles habituelles, fit les gestes réglementaires, avec la correction machinale du métier.
ZOLA, Lourdes, 1894, p. 17.
D.— Domaine soc. Conformité aux règles de la morale, de la bienséance, aux conventions de l'usage, de la mode. La correction de l'attitude (chez les enfants par ex.); la correction des mœurs. Synon. bienséance, décence, savoir-vivre, tenue :
11. Monsieur Lamzun, « Alain » comme vous dites, m'a produit l'effet d'un mari (...) impeccable. Il vise à la distinction, il décroche la correction, c'est toujours ça...
COLETTE, Claudine s'en va, 1903, p. 50.
SYNT. Correction anglaise, britannique; exquise, extrême, haute, parfaite correction; correction intellectuelle, morale, mondaine; correction rigide; la correction en affaires; le souci de la correction; être la correction même; pousser la correction jusqu'à...
Rem. Les citations suiv. de COURTELINE, Client sérieux, Une Opposition, s.d., p. 64 : La correction, ce mal né d'hier et dont nous périrons demain, si nous n'y mettons bon ordre, et de TOULET, Demois. La Mortagne, 1920, p. 10 : Il [M. La Mortagne] la confondait [l'honnêteté] aisément avec cette chose moderne et mal définie qu'on nomme la correction, semblent attester que l'emploi de correction avec cette valeur de (quasi-)synon. de respectabilité, est sinon un néol., du moins une extension née au XIXe s., sans doute due à l'influence exercée par le cant anglais sur les mœurs de la bourgeoisie française.
Prononc. et Orth. :[(R)R]. Pour [] ou [RR], cf. correct. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. XIIIe s. « action de réprimander, réprimande » (Isopet Lyon, éd. J. Bastin, XIV, 23); XIIIe-XIVe s. « châtiment corporel » (Coutumes Lille, éd. Roisin 82, 5 ds T.-L.) d'où 1718 maison de correction (Ac.). B. 1. 4e quart XIVe s. « action de corriger, de redresser quelque chose » (FROISSART, XI, 46 ds IGLF : Salve le corection de vostre noble conseil); 2. 1531, 2 janv. impr. (cité ds PANSIER, Hist. du Livre et de l'imprimerie à Avignon du XIVe au XVIe s., t. 3, p. 124 : Item après la composition et correction de chescunes premières fuelhes); 3. 1680 « qualité de ce qui est correct » (RICH.); av. 1752 écrire avec correction (Voltaire ds Trév. suppl. 1752); 4. 1797 « rectification apportée à une mesure, une observation pour obtenir un résultat exact » (Voy. La Pérouse, t. 1, p. 159 : Cette correction peut être employée, à son tour, pour rectifier l'estimation de ces mêmes longitudes); 5. 1860 « action de relever les fautes d'un devoir que l'on note » (BAUDEL., Paradis artif., p. 404 : Correction des épreuves de grec). Empr. au lat. class. correctio « action de corriger, de redresser quelque chose »; « réprimande, rappel à l'ordre, châtiment ». Fréq. abs. littér. :906. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 1 156, b) 1 873; XXe s. : a) 1 251, b) 1 110.
DÉR. Correctible, adj. rare. Améliorable, corrigible. Des amétropies correctibles au moyen de verres (Hist. gén. des sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 207). Absent des dict. gén. du XIXe et du XXe s. [(R)R]. Pour [] ou [RR], cf. correct. 1re attest. 1964 (PERROUX, Écon. XXe s., p. 330); dér. en -ible à partir d'une base non verbale correct- tirée de correction au sens de « action de corriger, de rectifier, d'améliorer ». (Pour le procédé de formation, cf. admissible). Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. — ADLERBLUM (A.). Vocab. de l'astronaut. Québec, 1972, pp. 15-16. — LEW. 1960, p. 127.

correction [kɔʀɛksjɔ̃] n. f.
ÉTYM. XIIIe; lat. correctio « action de corriger, de redresser qqch.; réprimande, châtiment », du supin de corrigere. → Corriger.
———
I Action de corriger.
A
1 Vx. Action de corriger, de changer en mieux, de ramener à la règle. Amélioration, amendement, perfectionnement, réforme. || La correction des fautes, des défauts, des vices, des abus. || La correction des mœurs, des habitudes.
1 Dieu l'avait élevé comme un signal à tous ceux qui aiment la correction des mœurs.
Fléchier, Panégyrique, II.
2 On sent les abus anciens, on en voit la correction; mais on voit encore les abus de la correction même (…)
Montesquieu, l'Esprit des lois, Préface.
Dr. Châtiment conforme à la loi. || Correction paternelle, infligée par un magistrat à un enfant mineur, à la demande de son père.
(1718). Anciennt (mais l'expression s'emploie encore). || Maison de correction : établissement chargé du redressement des mineurs délinquants, remplacé par les colonies pénitentiaires (loi du 5 août 1850), puis par les centres d'éducation surveillée. Correctionnel (maison correctionnelle, cit. 2). || Les maisons de correction n'étaient bien souvent que des prisons. On disait de même : envoyer un enfant en correction.
2 a Changement fait (à un ouvrage) pour améliorer. Modification, rectification, refonte, remaniement, reprise, retouche, révision. || Corrections de forme, de fond. || Faire de nombreuses corrections à un conte, à un récit. || Pièce de théâtre reçue à correction, à condition que l'auteur y fera certains changements. || Manuscrit chargé de corrections. Biffure, rature, surcharge. || Les corrections d'une ébauche, d'un brouillon. || Étudier les corrections d'un écrivain, ses manuscrits ( Manuscriptologie). || Corrections et variantes d'un texte.
3 Rien n'est plus propre à former le goût que de démêler, dans les corrections d'un grand écrivain, le motif des arrêts qu'il a prononcés contre lui-même.
D'Alembert, Éloges, Despréaux.
4 Il y a assez de corrections et essentielles. J'aimerais mieux revoir, si c'était possible, et, dans ce cas, il faudrait me renvoyer cette première épreuve pour qu'il me fût facile de vérifier.
Sainte-Beuve, Correspondance, II, p. 123.
5 (…) les manuscrits de Péguy qui lui passaient entre les mains, ne comportaient jamais la moindre rature (on s'en doutait); les seules et uniques corrections étaient parfois quelques surcharges.
Gide, Journal, 24 janv. 1946, p. 247.
b (1531). Typogr. Indication des fautes ( Coquille) de composition, des changements à effectuer sur une épreuve d'imprimerie. || Correction d'épreuves. || Signes de correction. || S'occuper de la correction d'une revue, d'un journal… Correcteur.Page couverte de corrections. || Corrections typographiques; corrections d'auteur.Exécution matérielle des changements indiqués sur épreuve. || Correction d'une forme.
c Service de correction; correction : ensemble des travaux, du personnel exigé par la correction des textes. || La rédaction et la correction d'un journal.
d (1860). Action de corriger des devoirs, les épreuves d'un examen, d'un concours. || La correction de l'écrit n'est pas terminée. || Il est chargé de la correction des copies de composition.
3 (1797). Opération qui rend exact, plus exact; élimination des erreurs. || La correction d'une observation, d'une erreur.Mar. || Correction des compas. || Correction de dérive.Techn. || Came de correction, roue de correction. Compensation.
Élimination des écarts, des distorsions. Spécialt. || Correction monétaire : technique d'indexation destinée à réduire les déséquilibres, les distorsions (en période d'inflation).
4 Phrase, locution destinée à atténuer ce que l'on vient de dire. Correctif. — ☑ Loc. adv. Sauf correction : sauf erreur, si je ne me trompe. Erreur (sauf erreur).
6 (…) je pense, sauf correction, qu'il a le diable au corps.
Molière, l'Avare, I, 3.
7 Il me semble, sauf correction, que ceci ne vous regarde pas (…)
P.-L. Courier, Lettres, I, 61.
5 Pharm. Opération par laquelle on tempère, on adoucit l'effet d'une substance, au moyen d'un correctif.
Techn. || La correction des eaux calcaires, leur adoucissement. || Correction d'un sol par amendement.
6 Le fait de corriger en atténuant, en modérant (ce qui était trop intense, trop fort). Adoucissement, assouplissement, atténuation, compensation, contrepoids, tempérament.
8 Toute petite société (…) est portée ainsi, par un vague instinct, à inventer un mode de correction et d'assouplissement pour la raideur des habitudes contractées (…)
H. Bergson, le Rire, p. 103.
B (XIIIe). Du sens 1. Vieilli. Action de réprimander, de châtier, en vue de corriger, d'ôter les défauts. Admonestation, admonition, leçon, réprimande; châtiment, peine, punition. || Administrer, infliger une correction. || Correction sévère, injuste, méritée.Mod. Châtiment corporel; coups donnés à qqn. Battre; coup; raclée, volée. || Ce boxeur a reçu une sévère correction.Spécialt. Punition corporelle (à un enfant). || Si tu n'es pas sage, tu vas recevoir une correction, une bonne correction ! || Flanque une correction à ce garnement !
9 (…) je pourrais te rouer de coups si je voulais ! Mais je n'aime pas à faire du mal, et, d'ailleurs, aucune correction n'amenderait ta conscience (…)
G. Sand, la Mare au diable, XIV, p. 124.
———
II
1 (1680). Qualité de ce qui ne s'écarte pas des règles, de ce qui est jugé conforme à une norme, correct. || La correction d'une traduction ( Conformité, exactitude, fidélité, justesse…). || La correction du langage, du style ( Pureté). || Correction du dessin.
2 Comportement correct (2., 3.). || Correction de la conduite, des mœurs. || Être d'une parfaite correction. Bienséance, décence, politesse. || Correction parfaite dans la tenue, les manières. Distinction, élégance. || Correction stricte, froide, glacée.(Moral). || Correction en affaires. Honnêteté, scrupule.
10 Ses chevaux, ses uniformes, les livrées de ses gens étaient tenus avec une correction qui aurait fait honneur à la ponctualité d'un grand seigneur anglais.
Stendhal, le Rouge et le Noir, II, 35, p. 447.
11 La correction est une forme de la droiture, après tout; dans le Nord, elle supplée à l'élégance.
André Suarès, Trois hommes, « Ibsen », III, p. 110.
12 (…) un homme mince et brun, d'à peine trente ans, en qui Haverkamp croit reconnaître la « froide correction diplomatique ».
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XIX, p. 144.
13 Sous le regard de la vieille fille, Jerphanion essayait de manier sa tasse et ses tartines avec le plus de correction possible.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. III, VII, p. 107.
CONTR. Altération, corruption, dégradation, dépravation, perversion, pervertissement. — Défectuosité, erreur, faute; coquille (typogr.); aggravation. — Éloge, félicitation, louange, récompense. — Incorrection; débraillé, grossièreté, impertinence, impolitesse, inconvenance, laisser-aller, négligence.
DÉR. Correctionnel.
COMP. Autocorrection, incorrection.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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